Ö rhore

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Vitesse

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environnement-barrage-flottement-apparition-disparition- transformation-effacement-croisement-bruit assourdissant-cacophonie-angoisse-inconscient-hypnotisant-fatigant-pesant-résonnant-fluidité-formes-lignes-passage-infini-interminable-sans fin-métamorphose-relais-différence entre vie/inanimé-regard-reflets-enfermement-agoraphobie

A l'intérieur, en dehors de l'espace qui m'entourait, un sentiment étrange s'imprégna de moi. Toute petite, immobile, ces lignes et ces décors bondirent contre la vitre, transformés en simples reflets illusoires face à l'endroit dans lequel je me trouvais. Face à cette agression, cette impression immense d'envahissement, je ne pouvais que regarder. Regarder défiler le monde sous mes yeux, regarder ces formes étranges s'approcher toujours un peu plus, puis, d'un seul coup, s'éloigner pour réapparaître de plus belle, infiniment. Mon regard se retrouvait bloqué à l'intérieur de ces lignes et ne s'échappait plus.
Cette cacophonie m'empêchait de rester éveillée, un bruit fatigant, pesant, faisait barrage à toutes mes pensées. J'étais abasourdie, hypnotisée par ce croisement de bruits assourdissants qui résonnaient dans ma tête tel un marteau et ces mouvements continus qui défilaient en boucle sous mes yeux, telle une spirale. La vitre était la seule correspondance possible entre cet environnement et celui dans lequel je me trouvais.
Au final, un sentiment étrange de fausse réalité ou de réalité illusoire donna lieu à une sensation d'étouffement et d'enfermement.
Je me transformais en insecte au fur et à mesure que cette nature s'approchait de moi, j'étais minuscule face à la vie, face au monde extérieur. Impossible de réagir, tout comme dans un accident de voiture, la barrière s'avance, jusqu'à venir transpercer le matériel et à le retourner, la seule issue possible : fermer les yeux.
Pas de temps pour penser. C'est exactement ce qui se produisait en ce moment-même. Se sentir étriqué, comme si le mur se refermait sur soi, sans possibilité de réagir, ne pas savoir quoi faire pour s'en débarrasser, pour faire disparaître cette angoisse, cette panique.
En fait, j'étais devenue agoraphobe. Agoraphobe face au monde extérieur.

Détournement (texte, dessin, vidéo)

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Collectif d'artistes - L'Arte Povera

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L'Arte Povera est un mouvement artistique Italien qui se développe dans les années 1960. C'est un art socialement engagé dans lequel ses acteurs refusent de se laisser enfermer dans une définition et rejettent la qualification de Mouvement pour lui préférer celle d'Attitude.
Les artistes utilisent des produits pauvres comme du café, des plantes, des pierres, du bois, des chiffons, des tissus... Parmi les artistes qui le composent, on peut trouver Giovanni Anselmo avec son oeuvre Senzotitolo, Jamis Kounellis avec Senzatitolo, Mario Merz avec Igloo de Giap, Pino Pascali avec Le penne di Esopo, Giuseppe Penone avec Soffio, Michelangelo Pistoletto avec Retrocubo d'infinito et Gilberto Zorio avec Per purificare le parole. Il existe également certains textes de référence: Notes pour une guérilla de Germano Celant, Textes extraits de Respirer l'ombre de Giuseppe Penone et extrait de de Le ultime parole famose de Michelangelo Pistoletto. Il s'agit d'un art nomade insaisissable, éphémère, en harmonie avec la nature. Les artistes élèvent la pauvreté des matériaux, des moyens et des effets au rang d'art. Ils refusent de se laisser enserrer par des associations et ne souhaitent aucun statut.

En positif, la qualité première que j'apprécie dans l'Arte Povera est la liberté d'expression. C'est à dire, le fait que ce mouvement se veuille contestataire et insaisissable. En effet, il refuse de se laisser enfermer dans un statut ou influencer par d'autres mouvements.
Ce que je trouve aussi très intéressant au travers de cet art, c'est le choix du mot attitude pour qualifier le collectif qui en fait un mouvement singulier à part entière.
Le fait que les artistes arrivent à rendre signifiants des objets insignifiants. Cette idée d'utiliser des matériaux pauvres pour aboutir à une oeuvre d'art me plaît beaucoup. De ce fait, on peut se servir de tout ce que l'on trouve, du sable, des chiffons, du bois, du tissu etc pour pouvoir créer.
J'apprécie également que le geste créateur, la recherche et l'inspiration artistique apparaissent plus importants que l'objet terminé en lui-même.
Même si le résultat ne semble pas satisfaisant, le point de départ et l'imagination priment sur l'aboutissement, ce qui récompense le travail effectué.

Un collectif dans lequel je me retrouverais prônerait donc la liberté, l'indépendance et l'autonomie. Ce qui permettrait de le construire et de l'enrichir serait l'amalgame d'artistes, écrivains, musiciens, danseurs, acteurs, peintres... afin de pouvoir se révéler autrement.
Se respecter dans nos choix, dans nos propres créations, se soutenir, mélanger nos goûts, nos opinions, nos convictions, sans pour autant s'approprier de l'autre. Etre un groupe et en même temps un seul, se reconnaître tout de même dans l'oeuvre.
L'idéal serait de s'abstenir de suivre tel ou tel schéma, être vraiment soi sans avoir peur de décevoir, ne pas se mentir, oser même si cela ne correspond à aucun critère.
Avancer ensemble sans se bousculer ni s'évincer, permettre à chacun de s'exprimer. Se laisser porter, guider par les mystères de la vie, l'important serait de se réaliser au travers d'objets insignifiants.
La nature peut aussi jouer un rôle très important.
Faire de notre quotidien une oeuvre d'art.
Partager le désir de continuer à exister à travers nos codes, nos mots, nos couleurs, nos images.

Réalisme Invisible

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Ombres

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Texte détourné

Dans les rues aucun cadran dans le temps divisé.
Aucun amant cherche son pareil dans le vœu des regards.
Comme une épave heureuse, à l'intérieur de notre superbe voilier coule la Garonne.
Ma solitude affiche la même heure, sur les plus belles images de ma vie.
Il dessine l'espoir à Sousse, c'est juste une mise au point.
Ma liberté est son trésor, à nous New York et nos vacances au soleil.
L'éconduit est prépondérant dans le grand méridien.
Pour qu'il ne tombe pas, je vis au fond de lui.
Aucun essor le creuse.
Peu importe la ville, il ne se souvient plus, il livre la même humeur mais rêve toutes ses nuits.
Qui au juste n'affiche à son insu, l'heure où les souvenirs se ramènent.
A nous fidélité pour un p'tit clin d'oeil de survie.

Texte vidéo - Au fond de la Taverne

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Au fond de la taverne l'écureuil attendait patiemment.
Il avait peur de se confronter à la lumière qui se trouvait au fond du tunnel. (Moment d'incompréhension ou d'inquiétude.)
Le lapin de l'autre côté du rivage s'adonnait à une marche futile mais forte, intense, volontaire. Ce lapin n'aurait pu etre que le fruit de son imagination mais l'écureuil y croyait dur comme fer.
Ce petit être qui se déplaçait sous ses yeux avec courage était bien réel, ce n'était pas un être factice ou illusoire.
La peur avait laissé place à l'Enchantement.
Ce réalisme magique lui permettait de rester en vie, une illusion permettant de garder espoir en quelque sorte. Une représentation idéalisée de la réalité, une déformation.
Cette image de lapin volontaire éclairé à la lumière occupait tout son temps et l'écureuil ne songeait même plus à sa peur de rester dans l'ombre de sa cachette ou encore à la peur d'affronter l'éxterieur de cet espace définit comme un non lieu, un passage entre deux mondes.
Un long couloir se dessinait entre lui et cet univers onirique illuminé par une lueur qui pourtant restait bien réelle. Mais hors de portée, et hors d'atteinte.
Ce monde était là sous ses yeux ébahis mais l'écureuil se sentait incapable de bouger, paralysé par un sentiment indescriptible.
Est ce de la peur ? De l'étonnement ? De l'émerveillement ?
Ou parle-t-on justement d'inquiétante étrangeté et d'apparition surnaturelle dans un endroit réel et quotidien ? Cette apparition est-t-elle en fait une image permettant à notre protagoniste de se rassurer ou de se sentir en sécurité ?
Un peu comme l'évasion et le rêve lorsque la réalité n'est plus à la hauteur de nos espérances. Ou plus encore, ce lapin constitue t il un barrage entre la vie réelle et le monde virtuel ? Représente-t-il les peurs de l'écureuil, ou ses angoisses liées à la peur d'évoluer et d'affronter l'inconnu ?

Pierrot - Antoine Watteau

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Me voilà donc ici, debout, devant vous. Au premier plan, ainsi j'attire votre attention, au détriment de tout le reste.
Je ne sais pas vraiment ce que je fais là, intrus de cet univers sinistre, orageux, il n'y a que vous pour me retenir de fuir de cet endroit hostile. Les arbres qui m'entourent suivent le long de mon corps et me font paraître plus grand. Les couleurs autour de moi semblent plutôt obscures, très sombres et contrastent avec le blanc lumineux que je porte.
J'ai choisi ces différents blancs qui s'allient parfaitement avec la pâleur de ma peau, symbole de pureté et d'innocence.
J'aimerais vous parler.
De toute manière, je suis sûr que vous m'entendez, de l'autre côté de ce monde qui me retient prisonnier. Je suis persuadé que vous comprenez ce que je ressens. Comme vous le constatez, les personnes qui se trouvent derrière moi en arrière-plan ne m'adressent pas un seul mot, indifférentes, elles échangent des propos entre elles, des gestes, mais moi, je suis complètement inexistant, comme si je n’appartenais pas à leur univers, invisible tel un fantôme. Comme si une barrière se dressait entre eux et moi, une ligne à ne pas franchir. Même l'âne est intégré à la conversation.

Pourquoi en est-il ainsi ?
Pourquoi suis-je exclu du groupe et terriblement mis à l'écart ?
Qu'ai-je fait qui ne leur convient pas ?
Ma façon de m'habiller vous parait-elle incongrue, à vous, qui êtes extérieur à mon milieu ? Je cherche tant bien que mal des réponses à mes questions, peut-être pourriez-vous me répondre, me permettre d'être accepté par ces gens, par le monde dans lequel je vis...
Vous êtes sûrement la seule personne à pouvoir m'apporter toutes les réponses que je désire, j'aimerais pouvoir vous accueillir ici, partager des moments avec vous, me sentir aimé, compris et utile car pour l'instant, j'ai le sentiment de ne servir à rien, face à cette immensité dans laquelle je me trouve éconduit. Je vous observe intensément dans l'espoir de vous faire réagir, dans l'espoir de paraître, pour une fois, important aux yeux de quelqu'un.

Charlie Hebdo/L'Assiette au Beurre

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Luz dans Charlie Hebdo avec son titre éloquent Arnaques de l'Eté nous met en présence d'une belle référence en tant que manipulation. Un couple est assis au restaurant, en train de manger, on précise que le menu est "fait maison", quoi de plus parfait... Pourquoi refuser ce menu spécial EBOLA qui promet un repas succulent garantie, vu qu'il est fait maison on ne cherche même pas à comprendre, on y va, on hésite pas. Par le simple fait de déguiser une nourriture, on peut faire ingurgiter dans le corps une maladie. Avec un peu de subtilité, on peut faire croire n'importe quoi et entraîner une certaine masse de personnes à absorber n'importe quoi. Même si on peut comprendre que la femme est un peu dérangée, l'homme ne se doute de rien et continue à manger, tranquillement. A travers une recette faite maison tiré d'une pure invention pour bien attirer la population, on oblige l'autre à s'empoisonner, à s'approprier la maladie.

Dans l'Assiette au beurre, nous sommes dans la même dynamique. François Kupka nous fait bien comprendre que l'on peut nous faire avaler n'importe quoi. Là il s'agit de la religion. Il reprend la notion de nourriture. Tant qu'on peut en mettre, on enfourne, pour être sûr que l'idée est bien appropriée. On va forcer pour que tout soit bien assimilé. La main sur le front en guise d'aplatir la bouche qui est tenue dans l'autre main qui enfourne la nourriture et surtout, faire en sorte que rien ne s'y échappe. On comprend donc bien que, dans la première image on veut que le corps s'approprie de la maladie, et dans l'autre, que le cerveau s'imprègne de la religion. On oblige l'autre à subir et à croire une religion. On enlève tout crédit, toutes possibilités d'avoir ses propres croyances. Les auteurs veulent imposer par tous les moyens une croyance ou une maladie, le tout inventé de toute pièce. Ils exercent une pression morale sur l'individu. L'autre n'a plus accès à ses opinions ou à ses idées, on leur impose un choix de vie, en les persuadant qu'ils savent mieux qu'eux ce dont ils ont besoin, on les oblige à accepter, à admettre. On les soumet à une nourriture, on trompe par de fausses apparences.

Ces deux images représentent des actes de manipulation à travers l'action des autres en utilisant la nourriture. C'est un acte de Propagande qui conduit au Panurgisme. On est dans un comportement suiviste, sous influence afin de faire comme tout le monde, c'est la pensée unique. Belle tendance moutonnière qu'on utilise au détriment des autres, donnant ce sentiment d'uniformité. Ces personnes font ce qu'ils voient faire, ils agissent sans motif et uniquement par esprit d'imitation.

The battle of Orgreave

Le réalisateur Mike Figgis et l'artiste Jérémy Deller ont recréé cette période sensible de l'histoire britannique. Nous sommes sous le régime de Margareth Thatcher en 1984, la "bataille d'Orgreave" est une reconstitution de l'un des plus violents affrontements de la grève des mineurs de 1984 à 1985. Le gouvernement Thatcher avait annoncé une forte suspension d'emploi. La police met un terme à la grève de manière dramatique. Orgreave est un site perdu dans la campagne et loin de toute concentration industrielle. Nul n'aurait pu penser à ce qu'il allait s'y dérouler. Tout avait été prévu, conspiré. Les mineurs ont été chargés sans qu'ils ne puissent vraiment se défendre. Les policiers serrant des boucliers comme des chevaliers médiévaux frappaient à coup de matraque. Des souvenirs très amers. C'était une grève honorable, tout ce que réclamaient les mineurs était juste du travail pour assurer leur avenir et non une histoire d'argent. Ils ont été piégés. Nous sommes face à une scène de guerre plutôt qu'à un conflit de travail. 17 ans plus tard, Jeremy Deller met en scène cette bataille. Il rassemble des amateurs mais surtout un nombre important d'anciens mineurs et policiers témoins de l'événement réel. Au final, plus de 800 personnes participent à ce tournage, sur les lieux mêmes du drame. Cette reconstitution a demandé un réel travail de recherches, d'enquêtes, de données, d'archives, de photos. Beaucoup de témoignages des acteurs même de l'histoire, récits très poignants. On peut voir les mineurs en train de crier à tue-tête "The minors, united, will never be defeated". Leur émotion est encore très présente, ils n'ont rien oublié. Jérémy Deller nous place dans le contexte réel. En évoquant avec une belle justesse le contexte social, les lieux symboliques, les tactiques mises en place, les différents postes occupés. Il fusionne avec des images fixes photographiques de 1984. Il a fait de ce film une reconstitution spectaculaire, son succès est à la hauteur du travail très conséquent de jérémy Deller. Il a su nous transporter dans cette bataille et nous faire prendre conscience de ce conflit politique tragique où des mineurs ont été attaqué sournoisement. On en ressort avec beaucoup d'émotion et on réalise l'impact de cette injustice sociale.

Cher Werner Herzog

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Cher Werner Herzog,

J'ai découvert votre existence en tant que réalisateur cette année, suite à un cours sur le Romantisme Allemand.

J'ai regardé certains de vos films, notamment Nosferatu fantôme de la nuit, remake du film Nosferatu le vampire de Murnau, qui m'a beaucoup intéressée. Son style est très proche de l'Expressionnisme Allemand et du Romantisme, un mouvement que j'affectionne particulièrement.

J'ai visionné les deux réalisations. Votre adaptation m'a interpellée.
La manière dont vous traitez le protagoniste est très différente de celle du film de Murnau.
Un être solitaire, mal aimé, qui a un avenir tragique et qui fait pitié.
On oublie donc un peu le côté « prédateur » du vampire, on a envie de l'aider et de le comprendre.

Je me suis demandée si ce film reflète votre propre vision des choses.
Pensez-vous que derrière le côté prédateur, cynique, froid des gens, il se cache une histoire triste, un cœur tendre... ?
Pour aller plus loin et pour faire plus ample connaissance avec votre profonde nature, j'ai parcouru Google. Je me suis intéressée sur l'historique de vos films, documentaires, etc... Votre biographie et le descriptif de vos tournages ont éveillé ma curiosité.
J'ai découvert vos rapports avec l'acteur qui joue Nosferatu.
Plutôt ombrageux, épineux, tendus... Je dirai même particuliers.
Alors que c'est un de vos acteurs fétiches il vous a menacé de mort à plusieurs reprises.
Lors de violentes disputes sur le tournage du film Aguirre, la colère de dieu, des indiens figurants vous ont même proposé de le tuer gratuitement... De surcroit, vous le menaciez avec une arme quand celui-ci ne voulait pas jouer dans l'un de vos films...
Alors ce côté tragique du personnage de Nosferatu est-il né de vos rapports tendus avec cet acteur, pensez-vous que ce Klaus Kinski (au cœur tendre) est une menace constante pour vous et pour vos films ? Ou ce Nosferatu représente-t-il votre propre personne, vous considérez-vous comme une menace et comme un fardeau pour votre équipe ?

Si un jour je dois jouer dans l'un de vos films (on peut rêver) aurais-je l'obligation de venir armée en cotte de maille... ? Et ne dormir que d'un œil ?

Oui, j'en suis venue à me poser d'autres questions, plus insensées les unes que les autres à votre égard.... Surtout quand je vois le déroulement de vos tournages...
Etes-vous inhumain ?
J'ai aussi remarqué que l'on vous surnommait « le cinéaste de l'impossible ».
En effet, vos tournages ont bien été désastreux. Notamment Aguirre, la colère de dieu et Fitzcarraldo où votre équipe a bien failli se noyer et se faire écraser à tout instant. Les risques sont inconsidérables. Votre perfectionnisme et votre sens accru du réalisme absolu passent-il avant la vie des gens ?
Etes-vous logique ? Vos films sont tournés dans des lieux improbables, rocambolesques, inconcevables pour de simples acteurs. Et vous dans tout cela ? N'avez-vous pas peur de prendre et de faire prendre de tels risques ? Comme par exemple lorsque l'équipe tournait au beau milieu des rapides dans la forêt amazonienne. N'était-il pas plus judicieux de vous entourer de cascadeurs professionnels ?
Nous ne savons pas trop où vous situer. Voulez-vous tromper votre monde en brouillant les pistes ? Qui êtes-vous réellement ?
Je pense que pour ma première expérience j'arriverais habillée d'armures avec ma cavalerie afin de dompter le cœur tendre que vous êtes, je n'en doute pas...
Je me métamorphoserais pour lire dans vos pensées secrètes afin de prévoir à l'avance vos assauts surprenants.
Et pourquoi pas, je me jetterais du haut de la falaise enveloppée d'ailes et rejoignant mon sous-marin pour ne pas risquer de me noyer. Oui, j'ai peur de l'eau... Et puis peut-être me cloner, me déshumaniser et me regarder faire, ou vous regarder me diriger sans aucune appréhension, sans réflexion, car oui, vous êtes plutôt chaotique, on ne connaît pas vos démarches audacieuses, ni vos réactions...
Vous amusez-vous comme un enfant qui prend ses petits soldats de bois pour les manipuler au gré de vos pulsions... ?

Dans l'attente de vous lire, afin d'éclairer mes pensées,
je vous remercie,
Bien à vous,
Angélique D.T

Chausse-pied Dauphin ou "La fête triste"

A partir de l'idée du bonnet-ver(t)-(s) avec en prime l'autocollant du Macdo :

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J'ai créé un objet oppositionnel, contrastant en lui-même.

Tout en papier, un espèce de bonnet-chapeau que les enfants se mettent sur la tête pendant les fêtes, un ver en forme de poèmes en vers pliés et reliés par un fil à l'autocollant que j'ai reproduis, un bec de belle-mère.

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Cet autocollant du Macdo complètement involontaire au départ, est en fait un élément très important.

J'ai réfléchi sur l'opposition entre l'aspect positif et négatif de cet objet. Et par conséquent, entre l'aspect positif du Macdo et son aspect négatif.

Tout dans cet objet renvoie au monde enfantin et à la fête: -le cône-chapeau -le bec de belle-mère -les papiers pliés comme un jeu d'enfant (tirage au sort, cadavre exquis) -et le Macdo.

En effet, le Macdo peut être vu positivement et renvoyer à un univers enfantin et de joie avec les fêtes d'anniversaire, les retrouvailles entre amis, le partage... Mais aussi négativement avec la malbouffe, les maladies, et la mort avec la présence du ver qui dégouline de la "bouche" du Macdo, rappelant quelqu'un qui vomit. Cet aspect négatif du Macdo et donc du ver est rappelé sur le bec de belle-mère où j'y ai inscrit la phrase "N'oubliez pas le ver".

Ce sujet donne donc lieu à un contraste entre quelque chose de positif avec l'enfance et la fête et quelque chose de négatif avec les maladies et la mort. Un objet désenchanté donnant lieu à une désillusion, à une représentation de "fête triste".

J'ai donc réalisé à partir de cette représentation une série de photos où des objets d'enfance et de fête (des ballons, des peluches, des déguisements, un manège...) sont mis en scène chez moi et à l'extérieur dans des lieux abandonnés. J'apparais également au milieu de ces objets.

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Cette série m'a également fait repenser à une série de photos réalisée l'année dernière que j'avais justement intitulée "La fête triste". Les modèles sont disposés n'importe comment, habillés n'importe comment, dissimulés sous des vêtements, du papier toilette, dans l'obscurité avec de la fumée qui s'évapore et des bris de verre au milieu. Une personne est également en train de vomir dans une bassine. On peut donc s'imaginer mille et une histoires sur cette mise en scène, sur cette fête entre jeunes, de "débauche"qui a mal tourné.

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Je pense présenter ces photos sous forme de diaporama avec le bonnet et l'objet réalisé à côté.

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"Carte postale"

Satish Kumar

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Satish Kumar a été moine jaïn, il a marché avec les proches de Gandhi pour redistribuer les terres, traversé le monde pour dénoncer les armes nucléaires, rencontrer Martin Luther King. Il vient de publier Tu es donc je suis . Il l’appelle sa « déclaration de dépendance » aux autres humains et à la nature. C'est un livre où il critique les fondements de la « philosophie égotique » des Occidentaux qui, selon lui, mène le monde à sa perte.

« Vous remarquerez que Descartes dit deux fois « Je » dans son « Je pense donc, je suis », il fonde tout seul sa vérité. Tout ce qui vit autour de lui n’existe plus. D’ailleurs, il a eu cette révélation en méditant enfermé dans une petite chambre, s’il avait réfléchi dans la nature, entouré d’arbres, d’animaux, caressé par le vent comme Bouddha, il n’aurait pas conclu à une prise de conscience solitaire.»

« En posant l’ego comme le moteur de l’être humain, s’est emporté Satish Kumar entre deux tasses de thé, Descartes l’a séparé du monde, il a privilégié son arrogance, il l’a posé comme indépendant, il a institué un dangereux dualisme isolant le sujet de son environnement. Il a aussi donné trop d’importance à la pensée rationnelle, abstraite, calculatrice sans tenir compte de l’intelligence émotionnelle et la compassion propres à tous les humains ».

« Le Soi n’est donc jamais isolé, séparé des autres et du vivant pour les deux grandes philosophies indiennes, continue Satish Kumar, au contraire de la philosophie cartésienne. Voilà pourquoi, l’homme occidental a décrété que les animaux étaient des machines dépourvues d’esprit et les a massacrés. Il s’est cru supérieur aux autres peuples, jugés irrationnels, et les a colonisés et pillés comme il a fait en Inde. Il a mis au point des armes de destruction massive et fait vivre l’humanité dans la terreur. Il a agressé les écosystèmes sans comprendre qu’il en faisait partie, jusqu’à arriver au désastre écologique actuel. »

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que l'être humain a besoin des autres pour pouvoir évoluer. De même dans le domaine de l'art, en s'isolant, en ignorant notre environnement, inconsciemment, nos pensées sont restreintes. En prenant soin de regarder les alentours, de porter un regard sur tout ce qui nous entoure, dans notre vie de tous les jours et notre quotidien, de nouvelles idées intéressantes se manifestent. De simples objets pourraient être à même de faire naître de nouvelles réflexions, alors qu'en faisant abstraction et en se limitant à soi-même, la pensée se limite également.

Je ne suis également pas contre l'idée que, pour pouvoir créer, penser, méditer, il faille rester concentré et par conséquent, retiré. En étant entouré de personnes, avec du bruit, la pensée a du mal à se manifester. Mais en choisissant de s'isoler dans le calme de la nature par exemple, et en admirant les différents paysages qui s'offrent à nous, ce n'est pas du tout pareil. La nature, avec son apaisement, ses couleurs, peut être révélatrice de rêveries et donc de nouvelles pensées et idées. Lorsque nous sommes en contact avec la nature, nous ne sommes donc pas complètement isolé, vu que celle-ci permet de nous inspirer. Il en est de même lorsque nous choisissons d'écouter de la musique pour pouvoir rompre avec l'environnement extérieur, trop assourdissant. Celle-ci nous transporte vers d'autres univers, fondateurs d'imagination.

Finalement, l'isolement puise son existence en fonction de nous-même. Nous sommes les seuls qui choisissons où nous voulons trouver l'inspiration, si nous faisons barrière à l'environnement qui s'offre directement à nous, nous faisons donc barrière à toutes les sources d'inspiration et de réflexions et nous nous limitons donc nous-mêmes.

J'ai donc choisi de réaliser ma « carte postale » sous forme de vidéo.

Dans cette vidéo, je me présente à Satish kumar en approuvant ses idées :

Tout autour de nous peut nous apporter l'inspiration et nous aider à évoluer. Je montre donc ce qui m'entoure, mon quotidien, ce qui me permet de créer et de réflexionner. Des paysages, avec également leurs jeux de lumière, les livres que je lis, les pratiques qui m'intéressent, les objets que j'aime, que je transforme à ma manière, qui me permettent en quelque sorte de raconter une histoire, des langues que j'aimerais pouvoir apprendre, en finissant par montrer quelques travaux comme des dessins, vidéos, photos que j'ai pu réaliser à l'aide de tous ces différents objets qui peuplent mon quotidien. Je finis en montrant l'image actuelle de mon fond d'écran d'ordinateur (image qui apparaît dans la vidéo The End of Civilisation de Douglas Gordon) Je pense que déjà, toutes ces minces informations permettent de mieux me connaître.

Nosferatu, fantôme de la nuit

Nosferatu, fantôme de la nuit ( Werner Herzog)

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The sacrifice of the city

Wismar, 19 century, a young man, Jonathan Harker leave in The Carpathians to negotiate the sale of a house with the count Dracula. Villagers try to dissuade him from visiting Dracula because it is well known in the region, that the count is other than a vampire. Jonathan is however going to visit him, on foot but he falls very fast under the influence of the count. Jonathan becomes his prisoner. Moved by Lucy's photography, his wife, Dracula decides to join her to Virna and goes by boat in the city with rats hidden in coffins, to transmit the plague there. Lucy is ready for anything to sacrifice to come at the end of the monster, at dawn...

It is the remake of the movie Nosferatu the vampire of Murnau, remake which I find very successful and very personal. Herzog managed to regain control to it, to regain control the myth of the vampire. Here, the artist is interested in the friction between dream and reality. In this movie, the film-maker offers his own version of Nosferatu, an obsessing movie of a great beauty, thanks to the voluntarily slow rhythm appearing as an allegory of the danger, the herald of who is to come. Also thanks to the oppostition between the world of the deaths and that of the alive with the very important notion of space, which appears as a projection of the soul of the protagonists, with his big areas and the sea, and the opening scene: a long travelling platform which presents a continuation of mummies, tangible of the death.

The atmosphere of this movie remains strange and mesmerizing all the length and maintains in breath her spectator with, first of all, the oppressive music of the German group Popol Vuh and that of Wagner. The passage between the land of the living and the deaths, the world of the reality and the disturbing onirism, symbolized through a cave where the light is choked, contrasting with the brook, the source of life; a fascinating arrival in a tunnel in bluish tones, then the long crossing by boat very disturbing also with an impression of gravity and a lugubrious music training a funeral march. All this, the sound, colors, light, gets married marvelously to form, according to me, a real spectacular landscape.

The main actors play their role marvelously. We find, first of all, Isabelle Adjani, who plays Lucy's role and seems to play the lead role of the story: An ice-cold beauty which knows to be condemned. She is the character between life and death. Several indications are given to us, of the medallion with her photo and her hair, in her paleness and her white dress ghostly, including the expectation in the cemetery. She comes out a dead woman deferred there, and makes premonitory dreams, as if she possessed a telepathic link with her murderer. We also see her in the middle of the plague victims. Isabelle Adjani so looks like a ghost, an illusion, a fancy. Nosferatu is irreparably attracted by this creature of flesh which looks like him, by this translucent presence. Two universes return then in collision, that of the dreams and that of the reality. Soon in the grip of the claws hands of Nosferatu who desires her, she will let the count make of her his victim and sacrifices her blood to the vampire to save the city.

Klaus Kinski, in the role of Nosferatu: The main difference between both movies, that of Murnau and that of Herzog, live in the character of the vampire. Cruel but noble in Murnau, he is vulnerable and sad in Herzog, who makes pity.

This Nosferatu, more than a predator, is the prey of a fate which has never know neither love nor death. He is excluded from the world: excluded from the real world, and condemned to roam up to the end of time because he is immortal. He is a slave of the people, the real world, needs them to draw his strength. This world is only a prison for him, and it is going to be brought to destroy him and to die for a dream of love: " the absence of love is the worst suffering ".

By coming to look for the city of Mina, the vampire spreads his territory on the city. The inhabitants are taken then little by little in the rays of the world of the vampire, in the dream world. Nosferatu is thus the main element of the intrigue. By breathing all its sweetness, its sadness to the character of Nosferatu, the actor made a creature of unforgettable cinema.

Jonathan, in Bruno Ganz's role is the character who drives to the progress of the intrigue, who crosses these two real and imaginary worlds. Jonathan sees the reality splitting. Villagers tell him that the castle of Nosferatu exists only in the imagination of the men and we understand that he has to make the path between the reality and the dreams to penetrate in the field of the creature. Jonathan makes us feel physically the passage between the territory of the alive and that of the shadows in a magnificent sequence which owes to the German expressionism a lot. By crossing this passage, between the world of the dreams and the reality, he is going to wake Nosferatu.

In the end, in this movie, everything is question of contamination: Mina and Jonathan by the vampire, the city by the plague, Nosferatu by the humanity, the reality by the dream. There are so two central movements: the contamination of the reality by the shadows and the dreams and the contamination of the monster by love. So by resuming a classic, Werner Herzog, assured the survival of a myth.

If I had to note this movie, I shall give him 4 stars onto 5.

Chausse-pied Dauphin

Un chausse-pied est un ustensile facilitant l'enfilage de chaussures. Il permet d'éviter de déformer le contrefort de la chaussure. Il existe un grand nombre de modèles de chausse-pied. Ils peuvent être en bois, en cuir, en corne, en métal ou bien encore en plastique et de différentes tailles, les plus grands permettant aux personnes qui ont des difficultés pour se pencher de se chausser facilement.

Un dauphin est un mammifère marin de l'ordre des cétacés. Il vit donc uniquement dans l'eau, qui est son environnement naturel.

Le pied est une partie du membre inférieur de l'homme qui en constitue son extrémité distale.

Par conséquent, la tête correspond à l'extrémité supérieure du corps humain. Elle s'oppose donc aux pieds, qui sont les parties inférieures de l'homme.

Le dauphin, qui est un animal marin, et qui ne vit donc que sous l'eau s'oppose alors aux animaux terrestres.

Le bonnet est un objet qui pourrait servir de « chausse-tête ». C'est à dire, qui permet de protéger cette partie supérieure du corps.

Le chausse-pied permettant le passage des extrémités inférieures du corps humain, le bonnet pourrait donc s'y opposer.

Pour les animaux qui ne peuvent vivre que sur terre, j'ai pensé au vers de terre.

Le vers de terre est un animal fouisseur qui contribue au mélange permanent des couches du sol. Sa diversité spécifique et génétique, son activité et son écologie en font un acteur majeur dans la structuration et l'entretien des propriétés physiques des sols, dont leur capacité à retenir et épurer l'eau et dans la qualité du fonctionnement des agroécosystèmes.

J'ai donc pensé au bonnet vert, bien évidemment en lien avec le « vers » en question, et couleur qui rappelle son environnement naturel. Par exemple, les forêts, les feuillages.

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Autobiography

My name is Angélique. I was born February 5, 1994 in Auch. Currently I live in St Jean de Luz for my studies. If not Castera-Verduzan, a small town in Gers, twenty minutes from the city where I was born. I go to art school ESA des Rocailles.

I am very shy, very reserved and very lonely. I like to isolate myself to work. I have trouble staying focused in being surrounded by people, even in class. I need to be in my corner, quiet, no noise. Even the peaceful birdsong distract me.

I eat everything, especially the grilled vegetables of La Mongette. (organic producer obviously) I prefer healthy food at the expense of something else. Health is the life. I especially love to wear dresses without tights if it's painful. And my pajamas on weekends, in all decontract fashion day if I don't leave my house. I have no time to play games and I don't want. The phrases I often use have almost no sense, and I can't understand myself. I often talk about no-existence. I speak French but I would be Russian. I have no particular rites.

I would like to learn the violin, but I don't have time. Surely retired. I love symphonic metal, German music group as Sadness of the Moon and instruments as Organ and Violin. I draw for fun, but I also like to photograph things, objects that make something interesting, not explicit. I also love film. I watch movies but I often find it hard to finish or to understand the first time because I think too much, constantly. Even when people talk to me I think of something else, so I rehearsed but it is not because I am deaf. I don't know exactly what area to point me in the art, but artistic director it would not hurt. I like many, many artists. Fussli, Spillaert, Hans Bellmer, Richter, Caspar David Friedrich. Videographers as Fishli and Weiss, Kenneth Anger, Svankmajer for his animated films. Also directors, David lynch, Stanley Kubrick, Werner Herzog, Wim Wenders, Jean Epstein, Orson Welles, Ridley Scott. The theme of disenchantment, disillusionment individual interests me a lot. I'm not trying to express reality as it but translating feelings hidden by creating atmospheres that I could produce. By using my everyday life, I try to give an unreal, strange to everything around me and then transform and deform this reality. And sometimes make funny in some of my videos. So that's why I like German Romanticism which characterizes this notion of disenchantment of the world with the creation of more or less disturbing atmospheres, its slow images, blur, mist, like many of my drawings.

I'm not naturally happy, on the contrary. There is always something that bothers me, I'm never satisfied, always stressed. I'm not very social, by the way, I hate crowds. So I didn't have many friends. I have a boyfriend for three years. I prefer to have appointments at sea or in the countryside or in the mountain friendly restaurant with a nice view. I also need my freedom and my independence in a relationship. (My very lonely side)

I don't think about the future but I don't want to get married, especially not children, too painful, too much responsibility.

In short, I think it's not easy to live with me with the character I have and my personality.

Jon Rafman - Frieze Review of A Man Digging by Galit Mana, 2013

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Jon Rafman est un artiste-archiviste dont le travail explore l'impact de la technologie sur la conscience contemporaine. Basé à Montréal, il produit des vidéos pendant dix ans. Il utilise maintenant les jeux vidéo et l'univers virtuel de Second Life. Dans ses mondes numériques, l'artiste fait appel à la violence, à la destruction et à la décadence mais aussi à la mélancolie, le tout de façon très séduisante. Il transforme et déforme la réalité, la rend irréelle, la désenchante en créant des atmosphères inquiétantes ou angoissantes. Réalité et virtuel se confondent donc dans ses films. Jon Rafman est également archiviste. Il présente des images trouvées sur Google Street View, utilise des œuvres d'artistes qu'il se réapproprie sur des images numériques. Il cherche à sensibiliser le spectateur sur la possibilité de stockage et de perception des images en fonction de l'évolution technologique. Il inclut également dans ses travaux des références historiques.

Jon Rafman offre donc une vision de la vie moderne élaborée avec humour, ironie et mélancolie. Je trouve intéressant et peu commun qu'il s'inspire de Google Street View pour ses réalisations. Son travail soulève des questions morales et montre notre rapport à la technologie, son influence sur notre être et laisse entendre une aliénation de l'individu contemporain. Son objectif central semble être d'utiliser des outils technologiques pour montrer notre rapport à ces domaines numériques, artificiels. Et comment le virtuel influe donc sur notre réalité, sur le monde dans lequel nous vivons. L'artiste propulse le spectateur dans l'univers parallèle du jeu vidéo tout en conservant une réalité désenchantée, décadente pour rappeler à quel point cet univers irréel et illusoire peut influencer notre être, nous enfermer dans ce monde inexistant.

C'est un travail assez particulier, intensément personnel mais aussi universel, qui nous concerne tous aujourd'hui. Il permet de comprendre comment les médias façonnent nos désirs et menacent de définir notre être. C'est un travail très singulier.

Vertige - Spilliaert

Le tableau Vertige de Spilliaert a particulièrement capté mon attention, j'y suis tombée dessus en feuilletant un livre d'art.

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Une femme en noir, traitée comme une ombre, presque fantomatique, se trouve en haut d'un escalier. Elle semble tétanisée par le vertige, recroquevillée sur elle-même et n'effectue aucun mouvement. Ce tableau nous raconte une histoire et m'a donné à réfléchir sur l'état de l'artiste au moment où il a réalisé cette peinture. Nous pouvons voir que le vent la déstabilise avec son écharpe (ou ses cheveux) qui effectue(nt) un mouvement ascendant vers le haut du tableau, le sol est indistinct, tout semble indéfini avec ce fond noir qui accentue cette incertitude. Elle semble aspirée par le vide, paralysée par la peur, et s'avère être, selon moi, prisonnière du tableau. Lorsque j'observe cette peinture en profondeur, je me rend compte que mon regard est lui aussi pris au piège. Mon œil effectue toujours le même trajet, comme bloqué, coincé par les encadrements du tableau, il ne peut s'échapper, tout comme cette femme.

Il en résulte un côté irréel, étrange, cauchemardesque et même invraisemblable. La peur et l'angoisse sont aussi au rendez-vous avec son atmosphère pesante, et son côté mystérieux. (visage caché, dissimulé, paysage noir) On pourrait penser à un suicide, par exemple...

Cette peinture m'a donc permis de réfléchir sur le thème du désenchantement, de la désillusion. Le désenchantement (constituant une rupture avec un passé harmonieux) est une façon, pour moi, de transformer des événements, (marquants) quelque chose d'agréable qui deviendrait son contraire, d'imaginer des atmosphères. En me servant de ma vie de tous les jours, j'essaye de donner un aspect irréel à tout ce qui m'entoure, puis de transformer cette réalité, de la déformer. Je ne cherche pas à exprimer la réalité telle quelle mais à traduire des sentiments dissimulés grâce à la création d'atmosphères que je pourrais produire. Tout comme cette femme sur un escalier qui représente pour moi bien plus qu'une simple scène de la vie quotidienne, qu'une peinture réaliste. L'artiste cherche à la transformer, sûrement à exprimer ses sentiments à travers cette femme qu'il déforme et stylise à outrance.

Mulholland Drive - David Lynch

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Le film Mulholland Drive de David Lynch a particulièrement capté mon attention et m'a beaucoup intéressée.

C'est un film mystérieux et très fascinant, de part son incompréhension finale et son originalité de traitement. Il se divise en deux parties. La seconde séquence correspond à la réalité et la première à la réalisation inconsciente des rêves. Ce qui m'échappe complètement au début du film étant donné que ce premier monde ne ressemble pas du tout à un rêve, mais au contraire, reste très proche de notre réalité. Tout le long du film, je crois avoir à faire à une simple histoire entre deux femmes, mais à partir du moment où l'une d'entre elles utilise une clé bleue pour ouvrir un cube, tout bascule, se mélange dans ma tête, je comprends que l'on passe en fait d'un monde à l'autre en un rien de temps, sans réaliser vraiment ce qui se passe... Ce transfert d'un monde à un autre n'est d'ailleurs pas très bien effectué car plusieurs personnes se retrouvent plongé dans des scènes d'incompréhension (un homme se pose des questions sur ce qui se trame, il a le sentiment que ce monde n'est plus le même et il en meurt) mais tout ceci n'est pas explicite, et ces scènes me plongent encore plus dans l'incompréhension totale.

Le personnage principal se trouve transporter dans la première partie du film, sans plus aucun souvenir. En regardant la seconde tranche qui correspond à la réalité cruelle pour la protagoniste, on comprend que ce premier monde a été créé pour lui permettre de manipuler l'objet de son désir et de se venger. Les mêmes personnages interviennent à la fois dans ces deux univers, l'une des deux femme est devenue amnésique, ce qui semble nécessaire. Certains éléments permettent de montrer le transfert du premier monde au deuxième comme par exemple la découverte du cadavre de l'une d'entre elles ainsi que certaines phrases comme « Ne forcez pas trop histoire que ça ne devienne pas vrai » ou « Tout ceci n'est qu'illusion » Tout cet univers tourne en fait autour du personnage principal. Dès qu'elle a acquis ce qu'elle désirait, le monde réel reprend sa place.

Cependant, lorsque s'accomplit ce passage, on remarque en fait que le personnage principal a réussi à assouvir son fantasme, mais se retrouve bloqué, piégé dans son propre retournement de situation, dans une spirale de temps.

Le film m'a donc amené à cette conclusion : c'est en fait le personnage principal qui se ferait manipuler étant donné que l'autre femme passe d'une situation où elle est dominée (premier monde, réalisation du rêve) à l'autre où elle domine (deuxième monde, réalité) et que celle-ci se retrouve bloquée entre deux mondes.

Il y a possibilité de retourner son destin, accessibilité des rêves, mais durée de vie limitée et éternellement recommencée.

Personnellement, j'ai dû regarder à plusieurs reprises certains extraits afin de comprendre vraiment l'intention de Lynch. Ce film suscite sans arrêt des questionnements. Il est captivant. Tous les détails doivent être analysés et les deux mondes réalité/réalisation du rêve sont inversés et traités tout les deux de la même manière. On doit vraiment rester attentif pour comprendre l'histoire du début à la fin, tous les détails sont importants et ont une signification. Je trouve que c'est un très bon film car il sollicite des interrogations, suscite l'intérêt du spectateur. Il m'a laissé perplexe, dubitative et c'est tout cela qui, pour moi, fait tout le charme du film.